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Pépins
et traumatismes
Certes on peut craindre la chute en courant, mais,
sauf si le terrain est particulièrement piégeux (roches glissantes, herbes
hautes et racines apparentes, terrain pentu et caillouteux…), mais guère plus
qu’en marchant.
Les pépins sont donc le plus souvent liés à la pratique elle-même,
articulaires ou tendineux, par défaut dans l’entraînement, la préparation
ou l’activité post-sortie.
Le
point de côté
La douleur est la même, comme une pointe dans le
ventre, mais ne touche pas le même organe selon qu’on la ressent à gauche près
du bassin (contraction de la rate) ou à droite (foie, diaphragme). Il apparaît
quand on a un peu forcé, notamment par une respiration irrégulière. En
courant, on peut tenter un massage circulaire qui soulage un peu, mais surtout
en retrouvant une respiration régulière, quitte à ralentir le rythme. Si vous
respirez par la bouche, forcez-vous à respirer par le nez pendant quelques
minutes jusqu’à disparition de la douleur. Si le point est du côté droit,
vous pouvez essayer de débloquer le diaphragme par d’amples mouvements
respiratoires du ventre et en expirant fortement.
Les
courbatures
Elles sont le lot de tous les pratiquants
d’occasion, peu entraînés ou qui commencent un programme plus chargé qu’à
l’accoutumée. Leur disparition progressive est un bon signe dans la réaction
de l’organisme à l’effort, puisqu’elles résultent d’une fatigue
excessive avec production d’acide lactique. Pour les prévenir, ne pas forcer,
ni à l’entraînement, ni en compétition et pratiquer des séances d’étirements
bien complètes. Les courbatures qui s’accumulent peuvent aller jusqu’à la
contracture, qui est déjà une forme d’accident musculaire qu’il faut
traiter par le repos, des étirements et des massages.
Les
crampes
Elles surviennent rarement sur des épreuves de
moins d’une heure, mais concernent plus directement les marathoniens et
coureurs d’épreuves longues, mais aussi les participants de toutes distances
qui sont mal entraînés. Ce sont des contractions musculaires inopinées qui résultent
d’un défaut d’hydratation, mais aussi d’une carence en magnésium et
autres sels minéraux. Elles surviennent également plus facilement lorsqu’on
néglige les échauffements et les étirements. On les combat, durant la course,
en buvant et en essayant de remettre en fonctionnement normal l’activité du
muscle. Le massage soulage mais ne fait pas disparaître la crampe. Les soins
appropriés consistent en étirements et prise d’un décontractant musculaire.
Le
claquage
Très douloureux, il résulte le plus souvent d’un
échauffement insuffisant pour une activité musculaire trop violente au départ.
Il s’agit d’une déchirure musculaire qui s’accompagne d’un bel hématome.
Il faut s’arrêter immédiatement de courir (de toute façon, vous n’en
aurez pas la force), compresser la zone et se faire soigner. Pour prévenir le
claquage, outre un échauffement méticuleux, les séances d’étirement après
effort sont bénéfiques.
L'élongation
C’est un allongement accidentel d’un muscle qui
provoque une vive douleur. Il faut stopper son effort immédiatement. A un stade
bénin, l’élongation ne présente pas de séquelles et guérit rapidement
(trois jours au plus)
L'entorse
Elle est provoquée par la torsion et
l’allongement d’un ligament, qui peut d’ailleurs, dans les cas les plus
graves, aller jusqu’à la rupture. La gravité de l’entorse se mesure à la
douleur, mais aussi au traumatisme : gonflement de la zone, hématome. A la
cheville, une entorse importante est très spectaculaire par le volume de la
cheville enflée et l’impossibilité totale de poser le pied à terre. Les
petites entorses du genou (gêne à la torsion et petit gonflement),
disparaissent rapidement lorsqu’elles sont bien traités. Après avoir fait dégonfler
la zone (compression, poche de glace), le repos, la chaleur par divers moyens
(bandes, vibrations…) sont les artisans de la résorption
L'échauffement
C’est une montée en température, ou plutôt en
rythme, et il est aussi important pour l’efficacité physique que
psychologique : partir fort sans échauffement vous amène à souffrir plus
vite, en vous plaçant rapidement dans un état mental défavorable. Courir tout
doucement une dizaine de minutes vous place au contraire dans un contexte
favorable (c’est facile, on se délasse, on détend les muscles en les échauffant)
pour consentir d’autres efforts.
Les
étirements
Si vous ne voulez pas souffrir de courbatures, ce
qui n’est pas trop grave, ou de problèmes lombaires ou sciatiques, ce qui
peut être beaucoup plus dommageable, il faudra vous y faire : les étirements
sont indispensables. Ils sont chargés de remettre tout en place pour préparer
la prochaine sortie. Le corps humain est comme un ordinateur et ses logiciels :
vous ne pouvez tout débrancher comme cela, d’un seul coup, car il n’aimera
pas cela du tout. Il faut au contraire quitter tous les logiciels un à un, en
prenant le temps de cette procédure indispensable pour les maintenir opérationnels
quand vous remettrez en marche.
De plus, tous les joggers n’ont pas à leur service un kiné qui s’occupe
d’eux par un massage approprié après chaque sortie. Ils doivent donc
s’occuper de la maintenance eux-mêmes, ce qui ne les empêche pas de prendre
un jour conseil auprès d’un médecin du sport et/ou d’un kiné pour mieux
connaître, en fonction de la nature précise de leur activité de coureur, les
exercices qui leur conviennent le mieux. Lorsque vous connaîtrez bien ces
exercices, il s’agira de mettre en application et de ne pas sauter l’étape
en la croyant superflue. Il vaut mieux raccourcir la séance elle-même et
garder le temps des étirements que de rallonger la séance sans la terminer par
ce travail indispensable.
Courir
en ville
Pas de problèmes, avec les chaussures modernes, de
courir sur le bitume.
Les trottoirs sont souvent inégaux, ponctués de bateaux qui vous font monter
et descendre de façon désagréable, et l’on est tenté de courir au bord de
la route. Impérativement à gauche, mais en se gardant toujours la possibilité
de monter sur le trottoir ou un talus lorsqu’on se retrouve nez à nez, dans
un virage, avec un véhicule qui serre la corde de très près. Idem la nuit :
il faut bien mesurer que dans la voiture que vous voyez à un km de là, tous
phares éclairés, le conducteur ne décèlera votre présence que lorsqu’il
vous croisera, c’est-à-dire parfois trop tard. Adoptez de préférence,
s’il vous est impossible de courir à un autre moment, une tenue à bandes
phosphorescentes.
Course
en compétition
Préparer
une course
Outre votre entraînement habituel, en club ou seul
sur vos circuits habituels, vous adopterez un entraînement spécifique quelques
semaines avant telle ou telle épreuve. Le piège habituel auprès des coureurs
sans expérience qui veulent se préparer à une épreuve de x kilomètres, est
de répéter plusieurs fois auparavant, sur la même distance de x kilomètres,
la course à fond. Si l’on comprend qu’il est idiot de courir trois
marathons dans le mois précédent un marathon, il faut aussi comprendre qu’il
est vain de courir 10 km à fond plusieurs fois avant une compétition sur 10
km, ou 20 km tous les trois jours une semaine avant un semi.
Pour être efficace, entraînez-vous sur une distance de moitié, et variez
l’effort, entre 70 et 80% de votre FCM. Si vous vous entraînez pour un semi,
par exemple, courez 10 km à la vitesse où vous pensez pouvoir courir votre
semi, et pas plus vite. C’est le jour J qu’il faudra courir les 21 km à la
même cadence. Et si la distance vous effraie, vous pouvez en effet la courir,
mais gentiment, à 60%, pour vous rendre compte.
Avant
la course
L’échauffement est capital avant toute compétition.
Vous devez le situer au niveau exact en réussissant à faire monter vos
pulsations pour être " dans la course " dès le départ, mais pas
suffisamment pour avoir puisé dans vos réserves d’énergie, qui doivent être
absolument intactes. Néanmoins, vous intègrerez dans votre échauffement
habituel quelques petites pointes comme celles que vous pratiquez en fractionné,
un sprint court, un allongement de foulée durant 200 m pour parvenir à 80% de
votre FCM durant un laps de temps réduit.
Prenez le temps qu’il faut pour bien fixer votre dossard (arrivez une heure
avant la compétition) et pour bien repérer le parcours selon votre catégorie.
Si vous êtes sur circuit, faites-vous bien préciser le nombre de boucles et si
les boucles sont uniformes. A partir de 10 km, repérez bien les postes de
ravitaillement sur le plan ou la carte du tracé, que vous tâcherez de bien mémoriser
plutôt que d’avoir à le consulter en courant.
Pendant
la course
En course, le départ est primordial, surtout sur
des distances en-dessous de 15 km, et ce point sera repris dans chaque rubrique.
Il s’agit non seulement de prendre un bon départ qui ne vous rejette pas en
fin de peloton, donc de pointer le museau parmi les premiers près de la lice,
mais aussi d’éviter les bousculades, les glissades et le piétinement qui
vous fait vous élancer avec deux à trois minutes de retard sur les premiers.
L’élément psychique est primordial dans toute compétition. Si vous n’avez
pas le bon mental le jour J, vous penserez moins au plaisir de participer à une
épreuve conviviale et enrichissante qu’à l’envie de ne pas souffrir :
c’est ainsi que l’abandon vous guette, en haut d’une côte, en vous
faisant doubler par des concurrents qui vous donnent l’impression de ne pas
avancer, en regardant sans arrêt la montre pour constater que l’on est en
retard sur son tableau de marche. Il est évident qu’il faut toujours penser
à s’accrocher, même si l’on est dans un mauvais jour. Et si la place
n’est pas celle escomptée, dites-vous que c’est votre courage de ce jour-là
qui vous permettra, plus tard, de bien capitaliser un jour de forme.
Même s’il est évident qu’à 90%, votre forme et votre mental sont la conséquence
de votre entraînement de toute l’année, et des quinze derniers jours en
particulier. Le terme de " préparation mentale " à également un
sens pour les épreuves amateurs…
Après
la course
La récupération est primordiale : buvez de l’eau
minérale à la température extérieure et surtout pas glacée, ne coupez pas
votre effort trop brusquement, mais au contraire marchez aux abords de la ligne
d’arrivée en faisant des allers-retours aussi longtemps que vous n’avez pas
la sensation d’un début de récupération. Dès que vous vous sentez capable
de trottiner faites-le un petit moment pour retrouver vos sensations. Prenez une
bonne douche, en ne vous contentant pas d’un simple rinçage. La douche est un
élément hydratant, tonifiant et décontractant. Pour absorber une partie de
votre fatigue, laissez couler l’eau sur vous jusqu’à ce que vous sentiez le
besoin de vous activer : c’est seulement à ce moment que vous passez au savon
et au frottage
Les
épreuves sur route, 5, 10 et 15 km
N’attachez pas une énorme importance au temps réalisé,
dans la mesure où les distances annoncées ne sont pas vraiment fiables. Les
mesures sont effectuées en deux-roues ou en voiture, s’il s’agit d’une épreuve
exclusivement sur route, avec des compteurs dont l’incertitude peut atteindre
10%. Un 10 km aura donc une longueur véritable situé entre 9 et 11 km.
Semi-marathon
Le ravitaillement est important sur un semi. Ne
ratez pas les oranges, qui vous rafraîchissent (mais l’influence de la
vitamine C est très relative selon le temps qui reste à parcourir) et le verre
d’eau, après, si possible vers la mi-course, vous être alimenté d’une
barre de céréales à sucres rapides.
Si vous courez en partie en ville, suivez bien les indications du parcours, mais
faites aussi attention aux trottoirs et aux panneaux. Dans un groupe serré, on
peut louper la marche du trottoir ou même taper un poteau. Petit bobo ou
torsion, la course n’est souvent plus la même après, elle est même parfois
fichue. Dans le même ordre d’idée, plus la course avance, moins vos réflexes
sont affûtés : attention aux chiens, aux enfants qui peuvent s’échapper
entre les barrières et autres obstacles imprévus
Marathon
Ne manquez pas les ravitaillements, installés tous
les 5 km : buvez en quantité, sachant que la déshydratation est un des
facteurs les plus défavorables, et qu’il faut la combattre avec régularité
(0,4 l en moyenne par ravitaillement, sur une base de 4 mn au kilomètre), plus
ou moins selon la chaleur. Vous vous serez entraînés pour boire ne courant
sans être gêné par l’absorption. La déshydratation a également d’autres
conséquences, musculaires et tendineuses.
Prenez du sucre si vous pressentez un manque (un coup d’hypoglycémie et vous
n’avez plus qu’à vous allonger). Faites le de préférence avant le
ravitaillement (ça donne soif) pour vous irriguer et mieux faire passer.
Les crampes peuvent survenir dès que l’on dépasse sa dose habituelle de
fatigue. Le massage permet de soulager sur le coup, il ne supprime pas la cause
de la crampe : il vaut mieux essayer de continuer, plus doucement un certain
temps, en buvant et en s’alimentant. Les douleurs de fatigue (excès de
production d’acide lactique) sont hélas sans remède. Elles disparaîtront
avec cette fatigue.
Tenez votre allure en fonction des kilomètres qui défilent et du programme que
vous vous êtes fixés.
L’épreuve est terrible, mais si vous la surmontez, quelle jouissance
Profitez-en pour vous faire une période de vraie
vacance sportive pour suivre. Dès la fin de la course, quelques étirements
mais pas trop, une bonne douche, de l’eau sans exagération : laissez aller
votre corps, vers la détente et la décontraction. Le décrassage du lendemain
n’a évidemment rien d’indispensable : mais vous aurez peut-être envie de
trottiner, ne serait-ce pour vous prouver que vous pouvez le faire.
Les pieds doivent être entourés des plus grands soins, avant et pendant la
course : prévoyez un petit traitement préalable avec une crème adaptée qui
limite la sudation, arrivez le jour venu bien sûr sans ampoules et sans
blessures. Surveillez également l’hygiène en utilisant un gel nettoyant.
Pendant la course, surveillez bien vos sensations et n’hésitez pas, à la
moindre alerte, à soigner dans la mesure du possible. Il existe notamment des
bandes qui se placent sur l’ampoule et soulagent très efficacement,
permettant de continuer pratiquement sans gêne.
On utilise de plus en plus le téflon sous forme de poudre dont on enveloppe le
pied avant la course, et qui, comme sur les poêles bien connues, limite au
maximum les frottements.
Courses
de longue durée
Le ravitaillement est évidemment primordial. Boire
régulièrement, mais pas trop avant le départ, car vous risquez de vous
charger inutilement (vous aurez quand même soif en route) et d’être gêné
en courant.
Prévoyez et suivez un programme de ravitaillement en course, avec liquide
toutes les demi-heures et solide au moins toutes les heures, barres, sucres,
fruits.
L’idéal, si c’est permis dans le cadre de la course, est d’avoir une
assistance qui vous passe de l’eau à chaque fois que vous en avez besoin :
cela évite d’avoir à trimbaler des bidons. Comme pour le marathon, à chaque
fois que vous ingérez du solide (barre, sucre), faites-le avant le
ravitaillement boisson plutôt qu’après.
Après la course, examinez de près les blessures éventuelles et faites-vous un
vrai programme de récupération sur un mois environ, sans compétition.
Cross-country
Comme dans tout sport, il faut bien entendu penser
à ne pas manger moins de trois heures avant le début de la compétition. Il
est également souhaitable de se présenter au moins une heure avant le départ.
C'est le temps minimum pour se préparer, accomplir les quelques formalités
d'avant course et s'échauffer correctement. Il est indispensable de bien faire
travailler les chevilles avant la course, les risques de torsion étant beaucoup
plus élevés que sur piste.
La plupart des cross se déroulant en période plutôt froide, un collant sur
les jambes est idéal et un T-shirt à manches longues semble le bon
complément. Il est également très utile, la veille par exemple, de venir
faire un petit entraînement sur le tracé du parcours. Vous vous imprégnerez
ainsi de "l'atmosphère" et, surtout, vous pourrez visualiser les
pièges, les passages délicats et apprécier la nature du terrain. C'est à ce
moment que vous pourrez affiner votre choix de chaussures et que vous pourrez
estimer à quels moments produire vos efforts ; il est ainsi beaucoup plus
rassurant pendant la course de déjà connaître la longueur de la montée que
l'on entame plutôt que de le découvrir petit à petit.
Enfin, une fois la course terminée, pensez bien sûr à vous vêtir chaudement
(un bonnet, un survêtement, des collants propres, des chaussettes sèches, une
écharpe s'il fait froid…) pour éviter tout risque de maladie...
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Médiathèque
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